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( rubrique Questions éternelles ) 509- De vrai coq, à nancy, 35 ans : Question : Qu'est ce que l'intelligence?
| ( 11 réponses ) ( 504 lectures )
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1 - réponse initiale de vrai coq, à nancy, 35 ans:
Je 1 Juill 04, 13:36
Qu'est ce que l'intelligence?
2 - réponse de soso, à paris, 31 ans:
Je 1 Juill 04, 14:33
la capacité d'adaptation aux autres, le bon sens
3 - réponse de ., à ., . ans:
Je 1 Juill 04, 15:42
INTELLIGENCE
Prise de vue
De tous les concepts que la psychologie a hérités de la tradition philosophique et religieuse, celui d'intelligence est sans doute le plus marqué par ses antécédents culturels. L'intelligence représente la fonction par laquelle l'homme a essayé de se définir dans l'échelle des êtres, c'est-à-dire de se situer par rapport à son inférieur, l'animal, et par rapport à son supérieur, la divinité. Dans la tradition occidentale, l'homme s'est toujours considéré comme un entre-deux participant de deux règnes (l'ange et la bête), mais, comme sa parenté avec le divin est moins manifeste que son appartenance au règne animal, il s'est****tamment efforcé de dégager ce qui le distingue de l'animal et ce qui le rapproche de la divinité. C'est dans ce contexte que s'est développée la notion d'intelligence,****ccedil;ue comme fonction spécifique de l'homme. Il en résulte que, par rapport à l'animal et aux fonctions qui le caractérisent, l'intelligence a été définie par différence, tandis que vis-à-vis de la divinité l'intelligence a été définie par ressemblance.
Distinguée de l'habitude et de l'instinct, puis des opérations des calculateurs, en même temps que référée à l'intuition, l'intelligence ne quittera vraiment le domaine de la métaphysique pour entrer dans celui de la psychologie qu'en se laissant décrire comme une série d'activités dont il est impossible de donner une théorie avant de les avoir délimitées et analysées. On verra peut-être alors disparaître, dans un nouveau champ conceptuel, la notion d'intelligence comme désignant une fonction spécifiquement humaine.
1. L'héritage philosophique
Dans le contexte philosophique où l'on définit l'intelligence à la fois par différence et par ressemblance, on oppose la plasticité de cette fonction à la stéréotypie de l'habitude. Aux circuits courts et rigides que met en œuvre l'instinct pour atteindre ses buts on oppose les circuits longs et modifiables qu'élabore l'intelligence pour parvenir aux siens. À la passivité de la perception subissant le réel qui impose la contrainte de sa présence on oppose la liberté de l'intelligence qui, dans son activité d'abstraction, opère une sélection dans ce qui lui est livré par les sens et isole ce qui est donné sous forme non dissociée dans la perception. À l'immédiateté de la perception qui fournit des images du réel comme par impression (la sensation a souvent été regardée comme un contact) on oppose la capacité qu'a l'intelligence de construire des objets abstraits, qui ne sont pas des copies des objets réels, et de composer ces objets en systèmes qui constituent des univers autres que celui du réel. Ces constructions obéissent à des règles : les mathématiques et la logique en sont les exemples les plus achevés, mais les règles sont présentes dans toutes les constructions abstraites, composition littéraire ou artistique, jeux de toutes sortes dans lesquels s'exerce l'ingéniosité des humains.
Ces différentes caractéristiques attribuées à l'intelligence quand on l'oppose aux fonctions qui appartiennent également à l'animal n'épuisent pas le contenu de l'intelligence tel qu'on l'envisage habituellement. Il y manque l'aspect le plus noble, l'intuition, à savoir la possibilité de rassembler en un acte unique de pensée une longue chaîne de raisonnements. Si l'intuition est****ccedil;ue comme l'activité la plus noble de l'intelligence, c'est qu'elle rapproche l'homme de la divinité. Dans la mesure où l'intuition permet d'échapper au successif, au fractionnement temporel qui caractérise le discursif, elle se rapproche de l'acte par lequel se définit la divinité, à savoir la saisie et l'engendrement dans un même acte de tout le divers. L'intuition est l'acte dans lequel l'homme éprouve sa parenté avec le divin, aussi comprend-on que ce soit un instant fugitif, un idéal difficile à atteindre réservé à quelques privilégiés, et qui ne peut être que le fruit d'une connuête.
Le rôle central que joue la notion d'intelligence dans la culture occidentale, pour les raisons qu'on vient d'indiquer, explique que le problème de l'intelligence continue aujourd'hui de se poser dans cet horizon. Une seule preuve : la civilisation moderne ayant produit de nouveaux êtres, les ordinateurs, qui sont capables d'activités de raisonnement et de calcul que l'homme croyait posséder en propre, beaucoup d'esprits se sont inquiétés et se sont demandé s'il****enait de qualifier d'intelligentes ces machines, et si, en réalité, l'intelligence n'est pas autre chose, ce quelque chose que ne pourra jamais réaliser une machine. L'homme ne souffre pas d'égal : l'intelligence est ce je-ne-sais-quoi par lequel il exprime sa différence par rapport aux êtres qui l'entourent.
Vue sous cet angle, l'intelligence est objet de métaphysique, non de psychologie. Comme objet de psychologie, l'étude de l'intelligence ne peut consister en autre chose que dans l'analyse d'un certain nombre d'activités. Mais, pas plus qu'aucune autre science, la psychologie ne peut engendrer son point de départ : elle est obligée de partir de quelque chose qui lui est livré, sans aucune justification psychologique. Dans le problème présent, ce dont la psychologie a hérité et ce dont elle est partie, c'est d'un certain champ d'activités que la tradition culturelle rattache à une fonction unique et auxquelles en conséqence elle applique le même qualificatif d'« intelligentes ».
On n'est pas en mesure de donner en psychologie une définition de l'intelligence. Il est possible en effet que les mécanismes qui déterminent les différentes activités que l'on s'accorde à qualifier d'intelligentes constituent des groupes de mécanismes indépendants, et il n'y aurait plus de sens alors à parler de fonction unique. En fait, il y a un certain nombre d'activités entre lesquelles on s'est accordé jusque-là à établir une parenté : on peut alors caractériser le plus précisément possible ces activités pour que l'on sache exactement de quoi on parle. Cela n'est pas une définition de l'intelligence, mais une délimitation du champ des activités auxquelles on accorde actuellement la dénomination d'« intelligentes ». C'est dans cette perspective qu'il faut comprendre la boutade attribuée à Alfred Binet : « L'intelligence, c'est ce que mesure mon test. » Un médecin s'est étonné, il y a quelques années, qu'on puisse prétendre mesurer ce que l'on n'a pas préalablement défini. C'est confondre la définition, qui suppose une théorie et ne peut être donnée que lorsque la science est faite, et la délimitation du champ, laquelle n'appartient pas à la science. On a commencé de guérir avant d'être en mesure de définir ce que sont la santé et la maladie (définition que la médecine n'est pas encore en état de donner).
2. Les courants qui ont marqué l'étude du problème
Depuis le moment où l'intelligence a commencé de faire l'objet d'une étude scientifique, c'est-à-dire en gros depuis la fin du XIXe siècle, un certain nombre d'approches ont eu une influence déterminante sur la façon de poser le problème de l'intelligence.
Le débat sur l'origine des idées
Le débat qui a opposé, à propos de l'origine des idées, l'empirisme et l'idéalisme et qui s'est cristallisé dès l'Antiquité dans l'affrontement de l'aristotélisme et du platonisme se retrouve sous diverses formes dans l'histoire de la philosophie, en particulier dans le conflit entre les doctrines associationnistes qui ont eu l'audience la plus importante dans le monde anglo-saxon, et les doctrines aprioristes (Descartes, Kant) qui ont été dominantes en Europe occidentale. On a cru pouvoir trouver une réponse au niveau expérimental lorsque s'est imposée progressivement, vers la fin du XIXe siècle, l'idée que l'étude des faits de conscience relevait de la méthode scientifique. Le postulat de base était que les démarches de l'intelligence ne pouvaient pas ne pas être transparentes à la conscience – la pensée étant, selon Descartes, ce qui se connaît le plus aisément – et qu'il suffisait d'une introspection contrôlée pour déterminer ce qui est véritablement présent à la conscience dans les opérations de l'intelligence. On a donc imaginé un ensemble de tâches simples : donner le contraire d'un mot, trouver un mot qui ait par rapport à un mot présenté la même relation que deux mots donnés, etc. On demandait au sujet d'indiquer, outre la solution, le processus mental qui lui permettait d'aboutir à cette solution. L'objectif était de déterminer si le contenu de l'acte de penser était composé seulement d'images ou s'il y avait quelque chose d'autre, une attitude, une orientation de pensée (Einstellung). En fait, le débat tourna court, car certains sujets étaient capables de déceler la présence d'images dans l'élaboration de la solution ; d'autres concluaient à la présence d'une attitude de pensée irréductible aux images, et il se révéla impossible de déterminer si l'échec des seconds à déceler des images provenait de l'absence effective d'images ou d'un entraînement insuffisant à l'observation intérieure. Si le résultat de ces recherches fut mince, leur influence fut importante, car l'idée subsista que les activités de l'intelligence relevaient de l'étude expérimentale, et l'on commença alors à s'interroger sur le bien-fondé de la méthode introspective.
La psychologie animale et le behaviorisme
Une impulsion déterminante fut donnée par l'étude de la façon dont l'animal résolvait des problèmes élémentaires tels que trouver le mécanisme permettant d'ouvrir une boîte dans laquelle il se trouvait enfermé (E. L. Thorndike), utiliser un instrument pour atteindre un appât (W. Köhler). Il apparut alors que l'intelligence pouvait être abordée à partir de la seule étude du comportement de solution (nature des différentes tentatives de solution, temps nécessaire à la solution, etc.) et il sembla tout naturel d'appliquer la même méthode à l'étude de l'intelligence humaine. On proposa donc des problèmes analogues à de jeunes enfants, des problèmes plus complexes à des adultes, en s'attachant essentiellement, sinon uniquement, à l'étude des comportements mis en œuvre pour tenter d'aboutir à la solution.
En même temps qu'une méthode, ce mouvement, connu sous le nom de behaviorisme (étude du comportement), apportait une théorie. La découverte de la solution, de plus en plus rapide au fur et à mesure des essais successifs, était attribuée à l'élimination des comportements avérés inutiles et au renforcement des comportements adaptés. Cette théorie, transposition de la loi darwinienne de sélection naturelle, permet de comprendre la genèse d'un comportement finalisé sans faire appel à un plan dirigé par une intention. Elle dispense ainsi de l'explication finaliste classique selon laquelle la solution implique la représentation du but ; ce principe nouveau aura une grande importance dans l'évolution du problème de l'intelligence.
Le développement des tests d'intelligence
L'extension rapide des tests d'intelligence à partir du début du XXe siècle est due sans conteste à des raisons sociales : nécessité d'orienter les enfants vers un enseignement adapté (tâche qui se révèle impérative dans un système de scolarité obligatoire et donc d'enseignement de masse), exigences de sélection et de formation accélérée dans le domaine professionnel. Or les tests ne se situent pas en marge de l'approche théorique de l'intelligence. Tout d'abord, ils n'auraient pu se développer sans s'appuyer au préalable sur les recherches dont on a déjà parlé : A. Binet a écrit son livre L'Étude expérimentale de l'intelligence (1903) avant d'avoir mis au point son test. De plus, l'application d'un grand nombre d'épreuves différentes à de grandes populations de sujets a permis indirectement de comparer ces épreuves et de dégager a posteriori les composantes essentielles de l'intelligence.
Les théories structuralistes
La révolution introduite par les théories structuralistes, notamment en linguistique (Ferdinand de Saussure) et en ethnologie (Claude Lévi-Strauss) a atteint la psychologie précisément à travers le problème de l'intelligence : cela a été l'œuvre de Jean Piaget. Les théories structuralistes considèrent que les connuites observables forment un système et elles se donnent pour tâche de définir les relations et formes d'organisation qui régissent ce système. À la dimension d'adaptation à la situation, privilégiée par la référence à l'apprentissage, s'ajoute la dimension de système d'opérations régies par des lois d'organisation.
L'intelligence artificielle
On désigne sous le terme d'intelligence artificielle l'élaboration de procédures automatiques de recherche de solution pour diverses classes de problèmes. Les procédures sont exprimées sous forme de programmes exécutables par les ordinateurs. Les types de problèmes auxquels ont été appliquées ces méthodes sont l'apprentissage de jeux (dames, échecs) et la démonstration de théorèmes. Depuis le début des années soixante-dix, de nouveaux domaines sont abordés : résolution de problèmes (aménagement d'horaires, optimalisation de parcours, de cycles de fabrication), diagnostic (en médecine), reconnaissance de formes et analyse d'images, reconnaissance de la parole et compréhension du langage, programmation de l'action...
La façon dont ces connuites, indiscutablement intelligentes, sont analysées et représentées dans le langage de la machine a nécessairement des répercussions sur la façon de concevoir et d'analyser l'intelligence humaine, et cela pour deux raisons. La première est que, dans bien des domaines, la mise au point de programmes intelligents repose sur l'observation de la façon dont procèdent les humains (jeu d'échecs, diagnostic médical, en particulier) et nécessite une analyse plus fine des connaissances et procédures utilisées que celle qui était pratiquée jusque-là par les psychologues. La seconde est que les techniques de simulation sont un outil très efficace pour mettre à l'épreuve les hypothèses faites par les psychologues sur les mécanismes du raisonnement.
3. Les conceptions de l'intelligence
On peut distinguer trois grandes approches de l'intelligence, qui ont abouti à trois conceptualisations : d'abord la psychométrie, ensuite la théorie structurale de Jean Piaget, enfin le traitement de l'information.
L'approche psychométrique est la plus ancienne. Elle consiste à définir les composantes de l'intelligence à partir de l'étude des différences interindividuelles. Les données de base, les performances aux tests, sont analysées au moyen de l'analyse factorielle, qui consiste à rechercher un système d'axes orthogonaux tels qu'on puisse situer par rapport à eux les différentes épreuves d'une manière qui rende compte des corrélations qu'elles ont entre elles. Les tests utilisent des questions simples, aisément quantifiables, et font l'objet d'une analyse extensive et comparative. Cette méthode a permis de dégager un certain nombre de composantes (ou facteurs) de l'intelligence : un facteur général, qui reflète le type de compétence commun aux différentes épreuves et qui est le mieux représenté par des épreuves de découverte et de combinaison de relations, des facteurs spécifiques, par exemple les facteurs verbal, numérique, spatial.
L'approche différentielle de l'intelligence met l'accent actuellement sur ce qu'on appelle les styles cognitifs. Ce sont des caractéristiques qui consernent le fonctionnement cognitif plutôt que des compétences spécifiques. Ainsi, la notion de dépendance-indépendance à l'égard du champ définit une attitude globaliste et une attitude analytique dans l'abord des situations. Dans le premier cas, l'attention est centrée sur la****iguration globale des éléments, lesquels ne sont pas considérés indépendamment du contexte des autres éléments. La seconde attitude vise plutôt à distinguer, à isoler des éléments, dont on recherche ensuite comment ils sont reliés.
Selon la théorie structurale de Piaget, l'activité intelligente a sa source dans l'action : l'acte mental est une action intériorisée, une action réalisée virtuellement, représentée. À l'égal de l'action matérielle, une action mentale est une transformation qui fait passer d'un état de départ à un état terminal. Ce qui caractérise chaque stade de développement, c'est la façon dont sont organisées les actions mentales. Le moment décisif est celui où l'action mentale devient réversible, c'est-à-dire le moment où, à la transformation de la réalité que définit cette action, est associée la transformation inverse qui permet de revenir mentalement au point de départ. Cela suppose que les actions aient une structure analogue à la structure mathématique de groupe : il faut composer l'action directe avec l'action inverse pour obtenir l'opération nulle, de même que, lorsqu'on ajoute un nombre et son opposé, le résultat est équivalent à celui de l'opération nulle. C'est par l'existence de cette structure que Piaget explique l'acquisition de la notion de conservation où l'action directe et l'action inverse sont coordonnées entre elles et apparaissent comme les deux faces d'une même action (cf. ENFANCE – Opérations et structures intellectuelles).
Piaget distingue trois stades principaux : le stade de l'intelligence intuitive, caractérisé par l'absence de la notion de conservation ; le stade des opérations****rètes, qui se distingue du stade final, le stade des opérations formelles, en ce que les opérations peuvent porter seulement sur des objets matériels mais non sur des objets symboliques. La méthode d'investigation privilégiée par Piaget est l'entretien clinique, qui vise à faire un diagnostic des formes de raisonnement et permet un examen approfondi des cas individuels.
L'approche du traitement de l'information consiste à voir dans les connuites intelligentes des opérations de traitement d'information et à rechercher, pour une tâche donnée, un ensemble d'opérations de traitement qui simulent le comportement des sujets dans cette tâche. Généralement, on cherche à définir un équivalent de ces opérations à partir des manipulations d'informations que fait un ordinateur. Cela permet de construire un programme qui réalise une simulation sur un ordinateur ; et l'on peut comparer les productions du programme avec le comportement des sujets que l'on a observés. Si les sorties du programme sont suffisamment proches des actions des sujets, on considère que les mécanismes de traitement introduits dans le programme constituent un modèle plausible des mécanismes de traitement de l'individu.
Cette approche connuit à une analyse beaucoup plus poussée des opérations cognitives que dans la psychométrie ou la perspective piagétienne. Ainsi, on a pu montrer que la sériation des longueurs et la sériation des poids, qui selon Piaget relèvent des mêmes structures opératoires, ne requièrent pas en fait les mêmes opérations de pensée, dans la mesure où les comparaisons entre éléments ne peuvent être réalisées que successivement dans le second cas, alors qu'elles peuvent être faites de façon quasi simultanée dans le premier. Des inférences supplémentaires sont nécessaires, ce qui permet d'expliquer, d'une part, que les deux tâches ne présentent pas la même difficulté, d'autre part, que les procédures utilisées préférentiellement pour les résoudre ne sont pas les mêmes.
Actuellement, l'analyse des tests et l'étude du développement de l'intelligence sont reprises dans la perspective du traitement de l'information.
4. Types d'activités intellectuelles L'abstraction et la formation de concepts
Abstraire consiste à sélectionner, parmi les différents traits que peut posséder un objet, ceux qui sont pertinents pour décider de l'appartenance ou de la non-appartenance de l'objet à une classe déterminée. Les différents objets appartenant à la classe, qui est désignée par un symbole (ordinairement un mot), constituent l'extension du concept. Les traits pertinents et les relations qui existent entre eux constituent la définition du concept. Ainsi l'on peut définir le carré par la conjonction de trois traits : avoir quatre côtés, avoir des côtés égaux, avoir quatre angles droits. L'examen de la présence de ces trois traits est nécessaire pour décider si une figure donnée est ou non un carré. Un objet carré peut avoir bien d'autres traits : il peut être grand ou petit, de telle ou telle couleur, construit avec tel matériau, être épais ou mince, etc. Tous ces traits sont dits non pertinents par rapport au concept de carré : ils n'ont pas à intervenir pour décider si un objet est carré ou non.
Pour de nombreux concepts, les différents objets qui en sont des exemplaires ne sont pas équivalents pour représenter le concept, pour en donner un exemple : certains exemplaires sont prototypiques. Il arrive que certaines propriétés ne soient pas nécessaires à la définition du concept mais se trouvent plus souvent présentes que d'autres parmi les exemplaires du concept. Le nombre de pieds n'est pas pertinent pour définir une table ; néanmoins une table à quatre pieds est plus représentative d'une table qu'une table à un seul pied. Le prototype représente en quelque sorte le centre de gravité des exemplaires : c'est l'exemplaire dont la distance moyenne aux autres est la moindre.
Beaucoup de concepts sont définis à partir d'autres concepts ; c'est le cas, en particulier, des concepts scientifiques. Les concepts mathématiques en sont les exemples les plus remarquables, puisqu'ils font l'objet d'une définition constructive : ils sont définis à partir de primitives, d'éléments déjà définis et de relations entre ces différents éléments.
Les autres sciences procèdent de façon analogue. Il peut y avoir de profondes divergences entre le concept scientifique et les conceptions spontanées, lesquelles sont acquises à partir d'exemples et reposent en général sur des prototypes. Ainsi, la division est souvent****ccedil;ue comme une opération produisant une quantité plus petite (à cause du prototype du partage, alors qu'en mathématiques la division exprime le rapport de deux quantités, de sorte que le quotient peut être supérieur au dividende : c'est le cas si le diviseur est inférieur à 1).
Le raisonnement inductif et la découverte de règles
Le raisonnement inductif consiste à chercher des relations entre observations de la forme : ceci est une condition nécessaire de cela. C'est un long processus comportant plusieurs étapes, dont la première est la formation d'hypothèses : à partir de ce qu'on sait déjà ou de ce que l'on a observé, on formule une relation. Par exemple, pour qu'une plante puisse pousser, il faut nécessairement de la terre – ou, de façon équivalente : s'il n'y a pas de terre, alors la plante ne pousse pas. En deuxième lieu, intervient le recueil d'observations en vue de tester l'hypothèse. Cela consiste à rechercher s'il existe une situation telle que la condition définie par la partie de l'énoncé qui précède « alors » soit vraie et que la conséqence exprimée par la partie de l'énoncé qui suit « alors » soit fausse. On peut faire cette recherche en explorant les situations qui existent (observation) ou en construisant artificiellement cette situation, par exemple en mettant des graines dans du coton humide (expérimentation). Enfin, on fait le test de l'hypothèse ; cette opération consiste à conclure à la compatibilité ou à la non-compatibilité de l'hypothèse avec les données. On est dans ce dernier cas si, par exemple, on constate que les graines ont germé. Alors on examinera s'il n'y a pas d'artefact expérimental (par exemple, s'il n'y a pas de trace de terre). Si ce n'est pas le cas, on rejettera l'hypothèse. Si les observations sont compatibles avec l'hypothèse, on maintient cette dernière. On lui accorde d'autant plus de confiance qu'elle s'est révélée compatible avec une gamme plus large d'observations, sans exclure qu'elle puisse être remise en cause par d'autres observations.
Le raisonnement déductif
Le raisonnement déductif consiste à déduire d'un ensemble d'informations une information nouvelle. Ce type de raisonnement n'est pas réservé au domaine scientifique ; il est****tamment mis en pratique dans la vie courante. Par exemple, si je sais qu'il a plu sur la Bretagne ce matin, je peux en déduire que mon ami qui est venu de New York en avion n'a certainement pas vu les côtes de Bretagne. Une déduction repose sur des connaissances (s'il pleut, alors il y a des nuages ; s'il y a des nuages, il n'y a pas de visibilité) et sur des principes généraux de raisonnement. Ces derniers consernent des propositions (par exemple si a est vrai et si a implique b, alors b est vrai) ou des relations (par exemple, si a est plus grand que b et b plus grand que c, alors a est plus grand que c). La logique est la science des règles générales du raisonnement. Il est important de noter que le raisonnement déductif intervient dans le raisonnement inductif au moment où on conclut sur l'hypothèse.
La solution de problèmes
Un problème peut être caractérisé de la façon suivante :
– il existe une situation terminale qui constitue la situation à laquelle on doit aboutir, le but ;
– on donne une situation de départ, faite d'un ensemble de contraintes, qui constituent les données du problème ;
– il n'existe pas de moyen de passer directement de la situation initiale à la situation terminale, mais il faut engendrer à l'aide des actions licites une suite de situations intermédiaires telles que la dernière de celles-ci permette de passer à la situation terminale.
Souvent, le problème se rattache à une classe de situations connues : il en est ainsi lorsqu'on a à résoudre un problème de mathématiques appartenant à une classe définie, lorsqu'on joue au bridge ou aux échecs. On peut alors distinguer plusieurs cas possibles :
– il existe pour la classe de problèmes définie une procédure de solution constituée d'une suite finie d'étapes qui permet d'atteindre avec certitude la situation terminale : c'est ce qu'on appelle un algorithme. Pour résoudre le problème, il suffit d'identifier la classe à laquelle appartient le problème et d'appliquer la procédure correspondant à cette classe. Ainsi, pour résoudre l'équation x2 + 2 x _ 3 = 0, il convient d'abord de déterminer de quel degré est l'équation ; une fois qu'on l'a identifiée comme étant du deuxième degré, on regarde si le déterminant est positif, et, dans l'affirmative, on applique la formule permettant de calculer la valeur des racines ;
– il n'existe pas d'algorithme pour la classe de problèmes considérée, mais on dispose de règles qui, sans être infaillibles, connuisent généralement à une situation à partir de laquelle la solution est plus facile. Ainsi, lorsqu'il s'agit de démontrer que deux droites sont perpendiculaires, on explorera les diverses conditions entraînant cette propriété : hauteur d'un triangle, triangles rectangles, angles opposés par le sommet à un angle droit, etc. On examine si chacune de ces conditions est contenue dans les données ou peut être déduite des données ; si c'est le cas, on essaiera de démontrer que la condition est réalisée et qu'elle implique que les angles sont droits. Ces règles constituent ce que l'on appelle une heuristique. On en trouve de multiples exemples dans les jeux de société : ainsi, au bridge, on conseille de jouer « honneur » sur « honneur », ou de jouer dans la couleur forte du « mort » si on joue avant le « mort ».
Il arrive aussi que le problème soit totalement nouveau et qu'on ne puisse pas le rattacher à une classe connue ; il faut dans ce cas inventer une solution.
Une notion fondamentale pour comprendre et analyser la recherche de solution est celle de représentation du problème. On entend par là l'interprétation que l'on fait des différentes composantes du problème, laquelle va déterminer le domaine à l'intérieur duquel se fera la recherche de la solution. La représentation du problème est constituée par les informations que l'on prend en compte dans les données du problème, qui constituent la situation de départ ; les actions ou transformations de la situation que l'on considère comme possibles ; l'objectif que l'on se fixe. Tout changement dans l'interprétation de ces composantes produit un changement dans la représentation du problème. Ainsi, on peut s'apercevoir : que l'on n'avait pas pris en compte une information ; qu'il est possible de se donner un but intermédiaire et par là de se fixer comme objectif, dans une première étape, de l'atteindre et de remettre à plus tard la recherche du but ultime ; que l'on avait donné une interprétation trop restrictive des actions permises. considérons, par exemple, le problème suivant : on a neuf points disposés en carré, joindre tous ces points sans lever le crayon et en ne faisant que quatre segments de droite. On peut interpréter : il faut que les extrémités des segments soient des points. En ce cas, on trace des segments qui restent à l'intérieur du carré. Il n'y a pas de solution dans ce cadre de recherche. On peut alors, au bout d'un certain nombre d'essais infructueux, remettre en cause l'interprétation : les extrémités des segments ne sont pas nécessairement les points, il suffit que les points soient sur le segment. On procède à de nouveaux essais dans lesquels on prolonge les segments à l'extérieur du carré et alors on peut aboutir à la solution.
Le raisonnement et la construction de systèmes formels
L'homme construit des systèmes matériels qui fournissent la solution à un certain nombre de problèmes. Ainsi, ayant à lever un poids à une hauteur trop grande pour qu'il puisse y parvenir en le soulevant, il utilise une poulie qui transforme une traction vers le bas en une traction vers le haut. Dans ce système, on peut voir immédiatement si la solution proposée est valide ou non : il suffit de vérifier si l'état auquel on a abouti est l'état terminal que l'on souhaitait. Mais l'homme construit aussi des systèmes formels dont les éléments, ainsi que les relations qui les relient, sont abstraits. Un système formel se présente comme un ensemble de propositions que l'on se donne au départ (axiomes ou postulats), et d'un autre ensemble de propositions qui sont dérivées des premières (théorèmes, conséqences). Les systèmes mathématiques, les théories physiques, chimiques, biologiques et autres sont des exemples de tels systèmes. Les systèmes non matériels relevant de l'intelligence se distinguent des systèmes non matériels relevant de l'imagination (créations poétiques, artistiques), en ce qu'ils sont soumis à des critères de validité, tout comme les systèmes matériels.
Les systèmes formels que l'homme édifie sont utilisés par lui comme des modèles de la réalité : ils lui servent à prévoir les phénomènes engendrés par les systèmes qu'il n'a pas créés (éclipses, marées, météorologie) et à étudier comment se comporteront les systèmes matériels qu'il se propose de construire (barrages, véhicules spatiaux). On s'épargne ainsi une grande part des tâtonnements qui interviendraient dans la construction d'un système matériel, et, à la limite, le fonctionnement d'un système très complexe constitue un test des théories scientifiques sur lesquelles repose sa construction.
La gestion des activités cognitives
Cette composante de l'activité cognitive, qui a été longtemps négligée, tend à apparaître désormais comme la plus importante. La forme la plus connue est la planification de l'action. Elle consiste à envisager les différentes façons possibles d'obtenir le résultat souhaité puis, cela fait, de déterminer pour les différentes éventualités quelles sont les autres actions qui doivent être réalisées préalablement à l'action ultime. Si je veux aller de Paris à Lyon, je dois choisir entre le train, l'auto et l'avion. Si je décide de prendre le train, je dois faire une réservation. Je peux faire cela par correspondance ou me rendre à la gare ou passer par une agence de voyages. Supposons que j'opte pour la dernière solution : il me faudra donner la date et l'heure du train, il faudra donc préalablement connulter les horaires, il faudra que je paie, il faut donc qu'avant de sortir je prenne mon carnet de chèques... Même pour une activité simple, l'organisation de l'action suppose un travail cognitif important. Ce dernier passe inaperçu pour les actions familières, car on se réfère dans ce cas à des schémas habituels qu'il n'est pas nécessaire de réinventer chaque fois. Mais il pose des difficultés réelles et souvent importantes, dès que l'on sort du cadre des actions coutumières.
L'instance de gestion et de contrôle ne conserne pas seulement l'ordonnancement des actions impliquant la motricité ; elle s'applique aussi au travail purement cognitif. Dans une situation donnée, vaut-il mieux examiner si l'on peut déduire quelque chose de plus des informations que l'on a ? vaut-il mieux attendre d'avoir plus d'informations ? vaut-il mieux chercher à faire une hypothèse et agir en fonction de cette hypothèse ? La moindre tâche exige beaucoup de décisions de ce type, dont, en général, nous ne sommes pas conscients, mais qu'il est nécessaire de prendre en compte si l'on veut faire une théorie du fonctionnement intellectuel.
Quand on met en relation les performances aux tests d'intelligence et les performances dans la solution de problèmes inhabituels, on constate, certes, des corrélations, mais celles-ci sont seulement de valeur moyenne en général, rarement fortes. Ce résultat, qui intrigue beaucoup les psychologues, pourrait s'expliquer par le caractère trop limité et trop fragmentaire des tâches utilisées dans les tests. Ces tâches sont sans doute une bonne mesure des compétences de base, mais elles ne font pas appel de façon majeure aux capacités de gestion et d'organisation de l'activité. On peut prévoir que l'étude du fonctionnement intellectuel amènera à réexaminer le problème de la mesure de l'intelligence.
5. L'intelligence de l'homme et celle de la machine
La question des rapports entre l'intelligence humaine et l'intelligence de la machine soulève des débats passionnés, qui souvent restent purement idéologiques. Il convient d'abord de se demander pourquoi on voit là un problème. La raison semble simple. Comme on l'a dit plus haut, l'intelligence est définie par différence : différence soit par rapport aux autres espèces, soit par rapport aux semblables (ainsi s'explique la conception de l'intelligence comme mesure d'excellence, qui est à la base de la psychométrie). Il y a un problème parce que l'homme voit reculer****tamment les limites de sa spécificité. On pensait que raisonner était le propre de l'homme, or la machine peut désormais démontrer des théorèmes ; on pensait que trouver des solutions inédites restait son privilège, or les machines commencent à le faire. On peut se consoler en pensant que l'homme a, au moins, en propre de pouvoir apprendre et d'être capable de modifier ses modes de pensée. Mais cela même n'est plus très sûr, dès lors que l'on commence à concevoir et à réaliser des programmes dans lesquels sont introduits des principes qui permettent de modifier leurs connaissances et leur fonctionnement.
Exprimée en ces termes, la question devient un faux problème. Inévitablement, mieux l'homme connaîtra son propre fonctionnement et plus reculeront les limites de ce que l'on appelle l'intuition. Les programmes seront plus performants, puisque la gamme des mécanismes de traitement se trouvera enrichie et que, par ailleurs, la machine ne souffre pas des mêmes limitations que l'homme (en particulier, du côté de la capacité de la mémoire de travail). Mais, à la vérité, nul ne peut dire ce qu'est l'intelligence de l'homme ni ce qu'est celle de la machine, car précisément elles évoluent l'une et l'autre. L'intelligence de la machine évolue grâce à l'homme, cela va sans dire. Mais, réciproquement, l'intelligence de l'homme évolue grâce à la machine : de nouveaux modes de pensée se développent sous l'influence de ce que l'on peut faire faire par la machine. Dès maintenant, l'approche des problèmes de combinatoire et de calcul numérique est profondément modifiée par l'utilisation des ordinateurs. Plus généralement, on peut considérer que, jusqu'à présent, ont été privilégiées les connaissances consernant la structure des systèmes, donc les connaissances relationnelles, dont les axiomatiques mathématiques sont l'exemple le plus achevé. On n'avait pas jusque-là de bon outil pour penser le fonctionnement des systèmes : les techniques de simulation constituent une révolution qui probablement prépare de nouvelles formes de pensée.
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réponse de vrai coq, à Nantes, 35 ans:
Je 1 Juill 04, 16:26
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5 - réponse de eric, à lyon, 43 ans:
Je 1 Juill 04, 17:00 
C est ce que mesure les tests et que mesure les tests : l intelligence .
C pas de moi c du mec qui a invente les tests qi.
de toutes les manieres pour etre considere comme intelligent il faut penser comme tout le monde ne pas heurter les susceptibilites des decideurs etre soumis.
si tu penses autrement t 1****!
je vais vous donner 1 exemple Coq et ses copines me trouvent betes pourquoi :parce que je ne pense pas comme il faudrait penser ici;le politiquement correct.argumentation inexistante par contre mais bon j ai l habitude avec mes sup s hierarchiques
6 - réponse de soso, à paris, 31 ans:
Ve 2 Juill 04, 2:17
je te trouves pas bête eric !
je pense que c'est juste un manque de confiance car t'es sûrement plus intelligent que tu ne le crois
7 - réponse de vrai coq, à nancy, 35 ans:
Ve 2 Juill 04, 4:44
Je considère qu'au contraire le politiquement correct n existe pas ici, et heureusement d'ailleur.
8 - réponse de eric, à lyon, 43 ans:
Ve 2 Juill 04, 6:38 
je t e remercie bcp SOSO.mais qd certains ont l impression de detenir l intelligence ici ca me rappelle trop certains de mes sups.
et desole c plus fort que moi ca m irrite.
9 - réponse de le Sagittaire, à Metz, 25 ans:
Ve 2 Juill 04, 15:28 
Une des marques de l'intelligence consiste à ne pas croire que l'on sait. Prétendre avoir réponse à tout est déjà la preuve de l'ignorance.
Ouh là là, c'est philosophique... Faut que je me repose maintenant. On va aller regarder Marjolaine sur TF1. Au moins elle, elle est intelligente: elle ne nous surcharge pas de propos savants et ses intervenions pertinentes sont aussi rares qu'un lama perdu sur l'A31...
10 - réponse de vrai coq, à Nantes, 35 ans:
Ve 2 Juill 04, 15:37
Qu'un Lama sur L'A31!! LOL! Fort ! Sagittaire! J'aprécie ta personne!
J'aime L'originalité! Vive Toi !!
11 - réponse de Victhor, à Paris, 18 ans:
Je 19 Mai 05, 19:39
C'est la capacité d'adaptation dont découlent les bons choix qui font le bon sens. Mais de l'adaptation en général, pas qu'"aux autres", mais aux situations.
Ca inclut la capacité de mettre à toutes les sauces les connaissances déjà acquises, la vivacité d'esprit et l'imagination, et la possibilité de compréhension, qui peut être altérée par le vécu: d'où la possibilité de devenir****si on se borne trop ^^
Quant aux tests de QI, ils mesurent la plupart du temps l'intelligence à travers des tests de logique, qui ont l'avantage de ne demander aucun apprentissage, et qui sont aisés pour ceux qui font des pirouettes cérébrales régulièrement... Donc ils ne sont pas de véritables preuves d'intelligence.
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